NiYHDe l'info en exclusivité par NiYH.

J'ai épousé une extra-terrestreEssayez d’imaginer Kim Basinger, chargée de vamper un homme de science génial et, au moment crucial… ne sachant pas comment s’y prendre. Extravagant, non ? L’explication est ici que Kim est une créature venue d’ailleurs, une extra-terrestre qui ne connaît pas encore son corps humain. bref une «alien» ignorante des choses du sexe. C’est difficile à admettre en ce qui concerne la star en question, mais justement, tout est là : dans le contraste entre le sex-appeal dévastateur de la blonde Kim et l’ingénuité totale du personnage qu’elle incarne. Heureusement, elle garde dans son sac à main une liaison intergalactique permanente qui lui permet d’obtenir à haute dose les informations dont elle a besoin. Elle va donc rattraper le temps perdu et conquérir Steve, alias Dan Aykroyd, le fantaisiste si bien connu, ce savant farfelu qui a provoqué par hasard un gigantesque court-circuit cosmique, d’où l’inquiétude des lointains patrons de la belle visiteuse. On ira, évidemment, de surprise en surprise et de coup de théâtre en gag explosif, le tout tournant autour de la véritable nature cachée de notre extra-terrestre de charme, dont la présence incongrue sur notre planète va faire quelques étincelles… Et tout cela n’est-il pas dans la tradition de la grande comédie américaine éternelle ?

Moitié-moitié

Moitié-moitié«Moitié-moitié» n’est pas le résultat du partage d’un gâteau, mais d’une maison, héritage que se voient attribuer Arthur et Sarah. Élevés ensemble par leur «grand-mère» Helena, ils ont vécu toute leur enfance dans cette maison qui croule sous le temps et les souvenirs… Mais voilà, Helena n’était qu’une mère spirituelle pour Arthur, ex-enfant de l’assistance publique. Et comme il n’a, par définition, aucun lien familial avec la disparue, il va devoir payer de lourds droits de succession… et il est au chômage. De son côté. Sarah, jeune architecte, projette de démolir la maison pour construire une propriété moderne sur le terrain. Elle se propose donc de racheter la part d’Arthur. Mais il refuse… On ne peut pas dire que Paul Boujenah aura eu le mérite de donner à son frère Michel un bon rôle au cinéma, dans une carrière où seul «Trois hommes et un couffin» arrive à émerger de la médiocrité de ses autres films. Après «Voyage à Paimpol», «Lévy et Goliath» et le très mauvais «Prunelle blues», le voilà embarqué avec Zabou dans un film grotesque qui accumule lourdeurs et caricatures. Paul Boujenah met en scène le conflit entre deux éternels adolescents qui voient la vie et leur avenir différemment. Mais au lieu de nous offrir une comédie fine et amusante, on assiste à un film indigeste qui aurait peut-être séduit quelques gogos il y a quinze ans, mais qui ne fit que trois entrées ou presque lors de sa sortie en salle… Question de maturité sans doute. pour un public devenu plus exigeant.

0 Cocktail

Fabienne to Lectures  

On sent que «Cocktail» se veut un festival Tom Croise… Sourire sexy et carnassier, regard facétieux, silhouette harmonieusement musclée. Cruise continue son ascension en flèche, après «Riskybusiness», «Top gun» ou «La couleur de l’argent» et avant «Rain man». Le jeune héros de «Cocktail» est persuadé que le monde n’attend que lui. Toujours un manuel sur l’art de réussir dans la poche, mais sans diplôme, il part à la conquête de Wall Street et se retrouve petit barman ! C’est là qu’intervient le comédien australien Bryan Brown, la vedette de «F/X» ou le partenaire de Sigourney Weaver dans «Gorilles dans la brume». Brown compose un personnage de vieux barman roublard et cynique qui prend Cruise sous son aie protectrice et lui apprend l’art de préparer les cocktails les plus exotiques, la manière de blaguer et de mettre dans sa poche le client, le talent de faire craquer les jolies consommatrices. Doug et Brian ont une manière unique de jongler avec les bouteilles, de chanter et danser en servant leurs boissons. Leur bar devient vite un must à New York. Jusque-là le film est très tonique, et ne manque pas de charme. Mais, hélas, les deux copains se fâchent et Cruise part de son côté, jouer les romantiques et les sentimentaux, amoureux transi d’une pauvre cette fille riche. Et là, le film s’enlise interminablement. Dommage !

Punchline

New York city. Un café-théâtre nommé «Gas Station» (la station service) sert de banc d’essai aux comiques, bons ou mauvais, ringards invétérés ou espoirs, pratiquant cette spécialité américaine bien connue depuis Lenny Bruce le monologue, émaillé de gags et de répliques qui tuent (la «punchline», où tout le monde est sensé éclater de rire). Lilah une mère de famille rigolote qui rêve depuis toujours de monter sur les planches (Sally Field), va tenter sa chance sur cette scène difficile malgré les récriminations de sa famille. Hélas ! Ses gags ne font rire personne. Au contraire, le jeune Steven Gold, Tom Hanks) est aussi brillant que névrosé. Il réussira à coup sûr. Fascinée, Lilah lui demande de l’aider, ce qu’il refusé d’abord obstinément. Mas elle l’apprivoise, se met à l’école du jeune prodige qui la traite avec rudesse, et du coup elle progresse. Vient le jour d’un concours dont le gagnant aura les honneurs de la télévision… Le cinéma américain adore les coulisses du show-biz, on le sait. «Punchline» est intéressant par son côté documentaire sur le milieu des «diseurs de monologues». Seul ennui pour nous ils ne sont jamais très drôles, ni les «mauvais» ni les supposés «géniaux». D’où un manque de crédibilité qui a, sans doute, nui au film en France. Reste la performance, très honorable, de Sally Field et l’abattage de Tom Hanks.

0 Le retour de la rivière kwai

Fabienne to Lectures  

Le retour de la rivière kwaiIl y a eu «Le pont de la rivière Kwaï», roman de Pierre Boulle dont David Lean fit un film à grand spectacle en 1957. Voici «Le retour de la rivière Kwaï», adapté d’un roman de Joan et Clay Blair Jr par le vieux routier du film d’action, Andrew V.McLaglen. D’ailleurs, «Les oies sauvages» et «Le commando secret de sa Majesté», réalisés par lui, sont de la même veine que ce film-ci. L’action du «Retour de la rivière Kwaï »commence au moment même où se terminait le film de David Lean. Le pont vient de sauter. Le Japonais (haineux), responsable du camp de prisonniers décide des représailles. Heureusement, un Nippon moins méchant arrive avec l’ordre de transporter par train tous les prisonniers jusqu’à Saïgon où un bateau les emmènera vers le Japon. «Le pont de la rivière Kwaï» devient alors «La grande évasion». Tous les moyens sont mis en œuvre pour arracher les valeureux soldats alliés des griffes des vilains Asiates… Décidément, les épopées guerrières made in Hollywood gardent toujours la même tendance au manichéisme et au racisme anti-Jaunes. Réalisé avec un petit budget mais avec un net savoir-faire, ce film d’aventures guerrières semble incroyablement vieillot. Mais les nostalgiques du «Ah, Dieu, que la guerre est jolie !» y trouveront sans doute quelque plaisir…

Act of piracy

Act of piracyAvec «L’horrible invasion» et « ses araignées tueuses », John Bud Cardos avait prouvé qu’il est un sacré cinéaste d’action. Son thriller «Act of piracy» laisse les mains moites et le cœur palpitant, même si, au milieu du film, l’intérêt se relâche un peu. Il faut dire que John Bud Cardos joue sur du velours. Un commando de terroristes prend possession d’un yacht en pleine mer, élimine l’équipage et les passagers sauf … deux enfants qu’il garde en otages. Les parents vont chercher une piste, puis passer à l’action. Cela nous offrira quelques scènes de fusillades et de courses-poursuites d’une rare violence. « Act of piracy » commence et se termine par deux feux d’artifices la capture du bateau initial et le règlement de comptes final. Du cinéma — extrêmement roublard et efficace — qui secoue, mais ne fatigue pas les méninges. Avis aux amateurs.

0 Entre onze heures et minuit

Fabienne to Lectures  

Entre onze heures et minuitAssocié aux Fiches de Monsieur Cinéma, Virgin propose une nouvelle collection de classiques dont il faut souligner l’élégante présentation (très classe, la maquette !) enrichie de nombreux éléments d’informations, tant sur la jaquette qu’à l’intérieur du boîtier, où se trouve un fac-similé de la fiche consacrée au film. Plus de temps gaspillé en recherches pour retrouver le générique. En outre, chaque cassette commence par un court métrage récent inédit, ici le très amusant «VO» de Christophe Delmas, avec Jean-Pierre Kalfon. Quant au film d’Henri Decoin, quel petit joyau ! Non seulement il y a la présence de Jouvet, à mi-chemin entre «Copie conforme» et «Quai des Orfèvres», dans le rôle d’un flic qui enquête sur le meurtre d’un gangster qui était, ô surprise, son parfait sosie. Mais aussi les dialogues de Jeanson, percutants, et la mise en scène d’Henri Decoin, qu’il faut absolument redécouvrir. Elle est constamment inventive, rythmée, fluide, bourrée de trouvailles dans les cadrages et dans le montage évitant les clichés et les caricatures, avec une noirceur qui rappelle Clouzot, mais sans sa cruauté parfois morbide. Un excellent polar où on ne s’ennuie pas une seconde.

Crocodile dundee 2

Il est de retour et c’est Paul Hogan lui-même qui a écrit le scénario. Crocodile Dundee est heureux à New York comme un caïman dans l’eau. Il partage désormais la vie de la jeune et jolie journaliste Sue. Mais Sue est enlevée par un gros trafiquant de drogue, parce qu’elle détient des documents compromettants pour lui. Il n’en faut pas plus à Crocodile Dundee, qui s’attaque aux truands réfugiés dans le bush australien…Crocodile dundee 2 Tout a été dit dans le premier film qui était plus orienté vers la comédie satirique. Le premier contact de l’homme des contrées sauvages avec la civilisation et la jungle des villes permettait une fable très actuelle et assez drôle. Là, on peut remplacer Paul Hogan par Eddie Murphy ou Charles Bronson, rien ne change. On est dans un thriller musclé et sans surprise. Restent quelques rares gags (Crocodile Dundee pêchant à l’explosif dans le port de New York) et des scènes d’action rondement filmées.

0 Inferno

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Locataire d’une maison glauque et baroque à New York, Rose est attirée par un étrange livre, «Les trois mères». Génitrices de malheurs et de destruction, ces diablesses infernales semblent habiter sa demeure. Une succession d’événements insolites et horribles s’abat bientôt sur Rose et son entourage. Sauvagement poignardée, elle ne laisse derrière elle qu’une lettre confuse expédiée à son frère, Mark. Il tentera de percer ce mystère qui l’entraînera dans les méandres de l’enfer… Meurtres pour le moins inventifs (la fenêtre guillotineuse est particulièrement gratinée !), tension machiavélique, énigme oppressante subtilement teintée de gore Argento a su contourner l’hémoglobine gratuite et s’affirme ici comme le grand maestro du polar fantastique. L’atmosphère trouble et sulfureuse qui plane autour d’un suspense latent, nous annonce une finalité angoissante parce qu’irrémédiable. Un petit chef-d’œuvre de l’épouvante dans la lignée de «Ténèbres» et de «Suspiria».

Hair

1967. La guerre du Vietnam fait rage. Claude est un jeune appelé du contingent américain. Avant d’intégrer sa caserne, il profite pour la première fois des joies de New York. Il entre prend de visiter les grands monuments et les endroits typiques. Son premier contact avec la cité s’effectue à Central Park, où il lie connaissance avec un groupe de hippies et tombe amoureux d’une cavalière de bonne famille. Mais il n’est qu’à deux jours du départ à l’armée et ne voit pas comment il pourra avouer son coup de foudre à la belle… Milos Forman réalise ici son premier film musical, cinq ans avant son chef-d’œuvre, «Amadeus». Adapté de la pièce de Gérôme Ragni, sa plongée dans la période Woodstock années 70 est particulièrement réussie. Les chorégraphies sont bien réglées et les acteurs convaincants. La musique a, en revanche, plutôt mal vieilli. Le film restera dans les mémoires grâce à certains passages anthologiques comme celui où la troupe débarque en pleine réception de famille bourgeoise. A (re)voir…

0 La guerre des étoiles

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La guerre des étoilesPRIX INDICATIF 400 F (coffret trilogie)En tournant «Star wars» pour réaliser un rêve d’enfance, George Lucas n’aurait jamais imaginé jusqu’où cette folle entreprise allait le mener. Dès sa sortie, pendant l’été 1977, le premier épisode de ce qui allait devenir une fabuleuse saga devint le plus grand succès de l’histoire du cinéma en pulvérisant les records de recettes. C’est donc ici que se nouent les fils d’une intrigue qui va passionner des millions de spectateurs : fuyant les forces impériales, la princesse Leia Organa est capturée par DarthVader, l’âme damnée de l’empereur. Avant de tomber entre ses griffes, elle a juste le temps d’expédier deux androïdes sur la planète Tatooine pour alerter Ben Kenobi, survivant de l’Ordre des Jedis, ces chevaliers du cosmos, qui fit jadis régner la paix et la justice dans la galaxie. Les androïdes, C-3P0 et R2-D2, sont recueillis par le jeune Luke Skywalker, qui prend fait et cause pour les rebelles et… la princesse, et leur assure le concours du sympathique aventurier Han Solo et de son wookie favori, Chewbacca. La fine équipe est formée et, dans cette première aventure, nos vaillants amis vont s’employer à mettre hors d’état de nuire la terrible Étoile noire commandée par Moff Tarkin. Les chasseurs vrombissent dans l’espace, les lasers fusent, ça explose, ça gicle, ça illumine, on s’amuse comme des fous en découvrant ces batailles galactiques !

Furie

FurieDirecteur perfide d’une étude sur les facultés parapsychologiques, Childress caresse l’espoir de s’incruster dans le milieu politique des USA. Seul Robin, progéniture de son ami Peter, aux pouvoirs étonnants, pourrait concrétiser son fantasme. Peu concerné par la loyauté, Childress le kidnappe. Les recherches de Peter le projettent dans l’univers malsain des extra-lucides, où, grâce à une jeune médium, il tentera de récupérer son fils. Considéré par les «palmaphiles» comme un mauvais cru du réalisateur, «Furie» n’en demeure pas moins un must du grand frisson. L’intrigue est sans doute moins aboutie, au profit d’une mise en scène torturée, qui joue sur l’ambiance éprouvante des sciences occultes. La grande force du film réside surtout dans les effets spéciaux, redoutablement efficaces. L’affrontement entre Cassavetes, ténébreux, Douglas, émouvant, et Amy Irving (ex-Mrs Spielberg), troublante, est simplement superbe.

0 La maison de jade

Fabienne to Lectures  

Jacqueline Bisset, l’Anglo-Saxonne, se sent bien en France. Après « La nuit américaine » de Truffaut et «Le magnifique» de de Broca, cette comédienne à l’ironie élégante a tourné chez nous «La maison de jade», d’après le roman de Madeleine Chapsal. Quelles que soient les qualités de ce mélo-intello, il reste le plaisir de voir Jacqueline Bisset, avec sa rayonnante beauté de femme de quarante ans, aborder avec sensibilité ce personnage de «femme mûre avec amant très jeune».La maison de jade Dans «La maison de jade», Jacqueline Bisset incarne deux visages d’une même femme : Jane rayonnante de bonheur, mais aussi Jane marquée par la douleur, le visage à nu et hagard de chagrin. Une femme abandonnée se souvient. Trois ans plus tôt, un jeune homme l’a poursuivie et l’a séduite, s’est imposé dans sa vie jusqu’à se rendre totalement indispensable. Puis il l’a chassée. Jeunesse est ingrate, tout de même ! L’histoire a quelque chose du roman-photo pour dames d’un certain âge et du règlement de comptes misogyne… Mais cela, c’est sans doute le roman de Madeleine Chapsal.

Péril en la demeure

Péril en la demeureDavid, musicien de charme, rend visite à sa nouvelle élève pour une première leçon. Il découvre une jeune fille passionnée de guitare qui le fait basculer malgré lui dans l’atmosphère sulfureuse d’une grande demeure bourgeoise. Sa mère, la quarantaine discrète est une femme ambiguë qui dissimule ses desseins pervers. Le jeune homme tombe très vite dans le piège de ses avances. Son mari, faussement consentant, engage un tueur énigmatique pour l’éliminer. Parallèlement, une jeune voisine infirme, nympho et voyeuse, observe l’évolution malsaine de cet étrange manège. Les événements s’embrouillent dans la tête de David, qui se croit victime d’un complot… Le malaise est véritablement l’impression étouffante qui domine dans ce film original mêlant habilement suspense et histoire d’amour. L’interprétation d’Anémone est particulièrement saisissante. Elle use de son physique pour distiller une sensation énigmatique et pesante. Le trio Piccoli-Garcia-Malavoy fonctionne à merveille et donne une nouvelle dimension aux rapports couple-amant. Richard Bohringer vient, lui, ajouter son mystère au film. Les dialogues sont épatants et la réalisation fut couronnée d’un César.

0 Le dernier métro

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Sur fond d’Histoire (avec une majuscule), Truffaut nous raconte la simple histoire (avec une minuscule) d’une troupe de comédiens obstinés qui n’ont qu’une seule devise : «The show must go on»… Oui, pour ces gens de théâtre, le spectacle doit continuer à tout prix. Malgré la guerre, l’Occupation de Paris, les problèmes, la faim, les contraintes politiques. Le titre fait référence au dernier métro qui, avant le couvre-feu, ramenait pêle-mêle acteurs et spectateurs. Les cinémas ou les théâtres n’avaient jamais été aussi remplis. Il s’agissait, à cette époque, autant de se distraire que d’échapper aux rigueurs des restrictions dans des salles souvent mal chauffées et peu éclairées. L’homme dont on nous raconte l’histoire, Lucas Steiner (Heinz Bennent) est le directeur d’un théâtre de Montmartre. Il est juif. Donc obligé d’abandonner ses fonctions en ces temps d’antisémitisme. Il vit cloîtré sous la scène de sa propre salle.Le dernier métro Sur les planches, Marion, sa femme, et Bernard répètent leur prochain spectacle. En apparence, Jean-Loup Cottins en assure la mise en scène. En réalité, c’est Steiner qui tire toutes les ficelles du fond de sa cave, de son exil. Tout sonne juste dans ce film la reconstitution de Paris occupé, le jeu des acteurs, jusqu’au suspense que Truffaut entretient tout au long de son scénario. Nuancé, brillant, drôle, intelligent, c’est du cinoche, du vrai, du grand, du meilleur. Tous en chœur : Truffaut, rétro, bravo !

On achève bien les chevaux

États-Unis, 1932. Noyées dans le paupérisme de la crise de 29, les classes moyennes se débattent entre chômage et désespoir.On achève bien les chevaux Des marathons de danse sont organisés à l’attention (mais surtout aux dépens) des plus démunis, prêts à tout pour s’arracher la misérable prime du vainqueur. Projetée dans l’illusion de cette valse impitoyable, Gloria, belle-fille-grande-gueule, s’effondre au fil des jours dans les bras de son partenaire. Une lutte cruelle contre la fatigue et l’abandon tenaille chaque candidat, dans la chaleur malsaine des salles enfumées… Une peinture noire, mais sans complaisance. du pessimisme sous-jacent d’avant-guerre, dont l’ambiance est admirablement reconstituée. Le charme amer de Fonda-Gloria (formidable fauchée qui préfère se priver de quinze jours d’autobus pour se payer une paire de bas), confère au film un réalisme percutant. Un superbe hymne au désenchantement.

0 Imagine John Lennon

Fabienne to Lectures  

Imagine John LennonIl avait osé dire, au hasard de l’ironie, «Je pense qu’il faut avoir un gourou et le supprimer après». John Lennon a été assassiné le 8 décembre 1980. Malgré maintes calomnies emphatiques publiées à son sujet, le mythe reste intact : mère Yoko veille jalousement sur les archives pour mieux embaumer l’image du Beatle. Alliage de documents et d’interviews puisés au fond des souvenirs, « Imagine John Lennon » (qui manque singulièrement d’imagination !) semble vouloir rétablir une certaine vérité. Cynthia (sa première femme) et leur fils Julian témoignent furtivement entre deux chansons, Yoko prône les valeurs de son cher disparu, tandis que quelques rares extraits inédits se battent en duel. Le résultat final se résumé en un amas frustrant, longuet et décousu, d’images élogieuses et superficielles. Le personnage pacifiste, excentrique et intello qu’on espérait retrouver, est absent de ce film qui s’active pourtant à l’immortaliser ! Seul le vague portrait d’un chanteur de rock hippy subsiste. On le regrette…

Les chiens de pailleLes chiens de paille

Petit prof de maths timide engoncé dans ses principes, David quitte les turpitudes des grandes villes pour la sérénité des Cornouailles. Sa pulpeuse épouse attise rapidement les ardeurs des prolos du coin, qui, haineux et médisants, déversent peu à peu leur agressivité sur le pauvre couple. Un viol sordide sera le premier acte d’une dégénérescence vers l’hystérie bestiale et gratuite. Contraint de protéger sa propre existence, David basculerai dans la violence comme ses tortionnaires… Chef-d’œuvre de barbarie et d’amoralité, «Les chiens de paille» captive par sa progression oppressantes vers l’incontrôlable, à savoir la folie des autres. Peckinpah se délecte à décortiquer les impulsions et (‘instinct d’autodéfense de ses victimes au sein d’un univers pesant qui les poussera à inhiber leur bon sens. Hoffman se surpasse en intello persécuté. Un monument dramatique, indispensable à toute vidéothèque.

0 Tootsie

Fabienne to Lectures  

TootsieMichael Dorsey est un comédien dans l’âme. Depuis des années, il rame comme un fou pour obtenir un petit rôle dans des pièces de théâtre à Broadway. Constamment refoulé des castings, il décide un jour de se travestir pour passer une séance d’essai d’un feuilleton populaire. Et ô surprise !, il est engagé dans le rôle d’une femme révoltée, toujours à l’affût .du moindre soupçon de machisme proféré à son encontre. Tootsie devient très vite un phénomène de société. Toutes les femmes s’identifient à elle… Le voilà obligé de résister aux avances de ses collègues comédiens et de contrôler ses pulsions masculines envers une charmante camarade de plateau. Un enfer ! Du sur mesure pour Dustin Hoffman. «Tootsie » permet à l’interprète du «Lauréat» et de «Kramer contre Kramer» de prouver une nouvelle fois son talent d’acteur tout-terrain. Bien avant sa composition époustouflante de «Rain man»; il réussit le tour de force d’incarner, dans le même film, deux rôles de front. Le comique de situation provoqué par Sydney Pollack ne tombe jamais dans la vulgarité. Jessica Lange, la protégée de « King Kong» dans le remake de John Guillermin et l’héroïne de «Frances», met son charme fou au service d’un scénario original, qui sort des sentiers battus. Un excellent divertissement.

Le triporteur

Le triporteurDans la collection Comédie de la sélection des Fiches de Monsieur Cinéma, voici l’un des films qui, en 1957, firent de Darry le Bafouilleur une superstar nationale. On a du mal à imaginer ça aujourd’hui songez que cette même année, il ne tourna pas moins de quinze films ! S’il n’y fait souvent qu’une apparition époustouflante, il est la vedette complète du «Triporteur», qui fut un énorme succès et qu’on n’a guère revu depuis. On est même tout étonné de découvrir qu’il est en couleur ! Adulé par les gosses de son village, Antoine, ardent supporter d’une équipe de football, livre sur son triporteur les gâteaux d’un pâtissier. Il rencontre au bord de l’eau une brune baigneuse (Béatrice Altariba, dont la nudité aperçue était à l’époque un des clous du film), puis une bande de jeunes plus ou moins sympas, dont le meneur n’est autre que le juvénile Jean-Claude Brialy (avant même les films de Chabrol I). Le tout est un festival Darry Cowl ininterrompu semant la perturbation dans une noce où menant frénétiquement le bal pour arracher sa belle au godelureau Brialy, il est véritablement unique ! En début de cassette, un court métrage inédit de Gilles Maillard, «Go crazy», où un pêcheur à la ligne affronte un industriel du poisson — pittoresque métaphore du combat de l’artisanat contre la technologie !