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0 Le géant de Blaupunkt

Charlotte to Lectures  

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Bruce Willis« Bruuuuce, Bruuuuce… » Le même cri retentit régulièrement sur un des plateaux de la Twentieth Century Fox, à Los Angeles, depuis bientôt trois ans et demi. Pas de Springsteen à l’horizon pour justifier le déchaînement d’une douzaine de groupies en jupons qui tiennent davantage de l’escadron sauvage que de simples fans timides et effacées. Natif du New Jersey, tout comme l’illustre chanteur, « l’autre » Bruce en est à sa quatrième saison de « Moonlighting » (Clair de Lune, en France, sur M6), la série qui pulvérise régulièrement tous les records d’audience lors de sa diffusion hebdomadaire sur la chaîne ABC. Et lorsqu’un comédien qui a connu la gloire grâce à la télé décide de « donner une nouvelle orientation à sa carrière » (terme le plus communément employé), vers quoi se tourne-t-il ? Vers le cinéma ou la chanson (ou les deux à la fois, pour peu qu’un mince filet de voix attire l’attention d’un producteur opportuniste).

Comme, dans la plupart des cas, ces tentatives se déroulent dans une indifférence plutôt polie (dans le meilleur des cas), ledit comédien ne se fait pas prier pour retourner à la case départ, renouer avec la petite lucarne et remettre à plus tard les déclarations du genre « J’en ai ras le bol de la téloche ; le ciné, y’a que ça de vrai ». Et c’est ce qui a manqué d’arriver à Bruce Willis qui a failli ne pas se remettre des échecs successifs de « Boire et déboires » et « Meurtre à Hollywood », tous deux réalisés par Blake Edwards. Sans parler du tiède accueil réservé à « The return of Bruno », un 33 tours sorti en lévrier 1987 et distribué par la fameuse firme Motown. Aussitôt étaient évoquées alors les contre-performances cinématographiques de Don Johnson (héros de la série « Deux flics à Miami »), Bill Cosby, Peter Falk et autre Larry Hag man, héros de flops retentissants. Heureusement qu’en 1987, John McTier-nan (réalisateur de « Predator ») lui propose le rôle principal de « Piège de cristal », un thriller musclé dans lequel Willis incarne un flic new-yorkais qui se retrouve parmi les otages d’un hold-up commis dans un gratte-ciel de Los Angeles, la veille de Noël. Mais 5 millions de dollars pour un seul film ! ce qui attire davantage l’attention des journalistes lors du tournage de ce film, c’est le cachet versé à l’acteur pour sa remuante prestation : cinq millions de dollars, une somme d’autant plus colossale qu’elle est habituellement accordée à des superstars confirmées alors qu’à cette époque, l’acteur a toutes les peines du monde à s’imposer sur le grand écran. Un vent de mini-ré-volte parcourt la profession et nombreux sont ceux qui, parmi les confrères de Bruce Willis, s’étonnent ouvertement du « cher » privilège qui lui est ainsi accordé. Manifestement excédé par l’ampleur prise par cette polémique, le héros de « Piège de cristal » met en avant un argument soigneusement mijoté lorsque des journalistes abordent le sujet devant lui : «Je me souviens encore de l’époque pas si lointaine où l’argent constituait une denrée rare pour moi. Cinq dollars, c’était toute une fortune ! Mais une fois que l’on accède à la célébrité et que nos besoins financiers sont résolus, on ne pense plus au fric.

Bruce WillisOn se demande vers quel but diriger sa vie et l’argent devient une notion abstraite, arbitraire ». Les difficiles débuts évoqués ici remontent à l’orée des années 80. Originaire d’une famille de quatre enfants dont il est l’aîné, Willis quitte son New Jersey natal pour s’installer à New York. Il apparaît dans quelques pièces de théâtre du off off Broadway telles que « Bullpen » et hérite de petits rôles dans « Le prince de New York » et « Le verdict », tous deux réalisés par Sidney Lumet. Pour gagner sa vie, il accumule les petits boulots et devient tour à tour maître d’hôtel dans des restaurants, surveillant dans des clubs de gymnastique ou encore .barman. C’est d’ailleurs au Café Central, un des bars où il officie alors, que Willis se plaît à se produire parfois en compagnie d’un groupe de musiciens comprenant Robert Kraft qui devient son meilleur ami et son inséparable compagnon de galère. « Bruce, que nous surnommions Bruno, a toujours voulu devenir comédien, mais c’est en tant que musicien qu’il a connu ses premières expériences scéniques, se rappelle Kraft. Il jouait de l’harmonica dans plusieurs groupes. On sévissait souvent au BUS., un bar situé au coin de la rue où il vivait. J’y jouais du piano, lui de l’harmonica, et nous y improvisions surtout des airs de blues sans imaginer un seul instant qu’un jour, Hollywood nous ferait signe. » En 1984, Bruce Willis quitte New York pour Los Angeles où il passe un bout d’essai pour « Recherche Susan, désespérément ». Ecarté du casting de ce film, il tente sa chance (comme… trois mille autres de ses confrères) auprès de la chaîne de télévision ABC qui met en chantier « Moonlighting » (Clair de lune), une série sur laquelle beaucoup d’espoirs sont mis. « La chaîne ABC a mis deux mois avant de finalement me confier le rôle de David Addison, raconte l’acteur. Je crois que ses dirigeants étaient totalement paniqués du fait qU’à première vue, je ne rentrais visiblement pas dans le moule des jeunes premiers à qui on confie, généralement, les rôles principaux des séries télé. » Pour lui donner la réplique, les producteurs se tournent vers Cybill Shepherd, comédienne lancée par Peter Bogdanovitch au début des années 70, puis retombée ensuite dans l’oubli. Servi par une intrigue bourrée d’humour ainsi qu’une mise en scène inventive, le duo Willis/Shepherd fonctionne à la perfection et y est pour beaucoup dans l’immense succès que rencontre la série dès la diffusion des premiers épisodes. Quatre ans plus tard, Bruce Willis fait mine de prendre imperceptiblement ses distances avec la série, et le personnage, qui ont fait sa gloire « Il devient de plus en plus difficile de garder toute sa fraîcheur à « Clair de lune » et au rôle de David Addison…

Bruce WillisJe me demande, de plus en plus souvent, combien de fois pourrai-je encore faire telle grimace ou telle blague avant que les spectateurs n’appuient sur la télécommande pour voir ce qui se passe sur une autre chaîne. » Lassitude véritable ou manière d’annoncer qu’il s’apprête à changer son fusil d’épaule ? En tout cas, cela sent le « recentrage cinéma », amorcé d’ailleurs en 1987 sous la houlette de Blake Edwards qui fait de lui la vedette de deux comédies (« Boire et déboires », avec Kim Basinger pour partenaire, et « Meurtre à Hollywood » avec pour cadre le monde du cinéma des années 20). Malheureusement, ni le public ni les critiques ne suivent et le sieur Willis est à deux doigts de se faire définitivement exiler dans son purgatoire de séries Bruce au pays du showbiz télévisés. D’autant plus que 1987 est également l’année où il enregistre son premier 33 tours, le très controversé « The return of Bruno », suivi d’un show d’une heure, diffusé sur la chaîne câblée HBO, et d’une série de concerts donnés au Ritz de New York. Bruce Willis reprend sur son album des classiques tels que « Young blood » des Coasters, « Under the boardwalk » des Drifters ou encore « Secret agent man » de Johnny River, des tubes qu’il interprète également sur scène, ainsi que « Stand by me)) de Ben E. King, « Living in the USA» de Chuck Berry ou encore « Respect yourself » des Staples Singers entre autres. Mais, malgré l’appui de Billy Joel et de Ben E. King qui n’hésitent pas à monter sur scène lui donner un coup de main, malgré la présence au générique de son show d’HBO de pointures telles que Ringo Starr, Phil Collins, Elton John ou encore Brian Wilson (ex-tête pensante des Beach Boys), le voyage de Bruce aux pays du showbiz est aussi fraîchement accueilli que ses incursions sur grand écran. C’est également pendant cette période que le comédien devient la cible d’une partie de la presse américaine qui le range désormais dans la catégorie des « bad boys » d’Hollywood/tendance Sean Penn et fustige ses accès d’humeur ainsi que sa prétendue grosse tête. Les incidents l’opposant à la police (pour tapage nocturne et outrage à agents notamment) sont montés en épingle par certains journaux à scandale dont il devient la nouvelle bête à abattre. « Je n’ai jamais voulu apparaître comme un « bad boy », se défend l’intéressé, mais je n’étais vraiment pas préparé au succès qui m’est tombé dessus trop vite. Un peu comme si je me trouvais dans la peau d’un adolescent de seize ans issu d’une famille aisée auquel on offre sa première auto. J’ai alors vécu à cent à l’heure et, bien souvent, je n’étais pas le meilleur être humain qui soit. Pas le pire, non plus. Mais, comme le dit George Bernard Shaw, chaque personne a le droit de se conduire comme un enfoiré pendant un an de sa vie ! ». Cette année sabbatique new-look est très visiblement révolue puisque, outre son mariage avec l’actrice Demi Moore (héroïne de « A propos d’hier soir ») et la naissance de leur fille en août, Bruce Willis apparait enfin dans un film qui marche, à savoir « Piège de cristal » de John McTiernan. Sarcastique et mordant comme il peut l’être dans « Clair de lune », mais également tendu à l’extrême et déterminé, il tient tout le film sur ses épaules bodybuildées et réussit du coup son examen cinématographique. Après avoir, ensuite, incarné un ancien du Vietnam dans « In country » de Norman Jewison face à Emily Lloyd, « Bruuuuuce » va-t-il abandonner sa série télévisée pour se consacrer au 7e art ou fera-t-il des aller et retour entre le grand et le petit écran, histoire de ménager la chèvre et le chou ? La suite au(x) prochain(s) épisode(s) de la saga Willis…

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