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0 La main droite du diable

Fabienne to Lectures  

Costa-Gavras nous a habitués aux sujets courageux «L’aveu» ou encore «Hanna K.». Dans «La main droite du Diable», le cinéaste franco-grec s’offre le confort d’une production hollywoodienne pour stigmatiser un des plus vieux démons du monde : le racisme. La main droite du diableUn agent du FBI (c’est Debra Winger) s’infiltre dans l’univers des fermiers du Middle West pour découvrir une organisation néo-fasciste et paramilitaire qui chasse les Noirs comme du gibier. La force du film tient au personnage de Tom Berenger, qui apparaît d’abord comme un sympathique veuf, paisible père de famille. Il séduit complètement Debra Winger et le spectateur, avant d’être démasqué comme un véritable monstre capable de commettre les plus horribles attentats. L’idée est simple mais efficace. Dommage que Costa-Gavras se croit obligé de construire autour un polar politique aussi manichéen et sans subtilité. On aurait aimé, de la part de ce cinéaste étranger, un regard beaucoup plus en demi-teinte et proche des réalités. Debra Winger et Tom Berenger sont parfaits. Mais «La main gauche du Diable» n’est ni «Colère en Louisiane» ni, surtout, «Mississippi burning».

Jésus de Montréal

Jésus de MontréalLe réalisateur canadien du «Déclin de l’empire américain» nous offre ici un film «fourre-tout» très séduisant, mêlant allègrement humour et drame, spectacle du Chemin de Croix et don d’organes, peinture du monde contemporain et jeu culturel… Un jeune comédien entraîne, dans une série de représentations de la «Passion du Christ» (jouées autour de la basilique du Mont Royal, qui surplombe Montréal), quelques comédiens locaux qui cachetonnent et une belle étrangère, fille un peu paumée, mannequin quittant une glorieuse carrière de femme-objet pour s’épanouir en tant que comédienne. Le groupe se prend au jeu et monte un psychodrame religieux qui pose les vraies questions et refuse les images toutes faites. Les réactions des autorités ecclésiastiques ne se font pas attendre. Pourtant, ce psy-show est superbement beau à voir et puissant en émotions… Arcand parle de la charité bafouée, de la foi, de lui-même. Son film manque un peu d’unité, mais sent fort bon la générosité. Lothaire Bluteau est étonnant en acteur inspiré par son interprétation du Christ. Et Catherine Wilkening n’a jamais mieux été utilisée dans un rôle qui l’éloigne enfin des hystériques sexuelles.

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