Imagine John Lennon

Imagine John LennonIl avait osé dire, au hasard de l’ironie, «Je pense qu’il faut avoir un gourou et le supprimer après». John Lennon a été assassiné le 8 décembre 1980. Malgré maintes calomnies emphatiques publiées à son sujet, le mythe reste intact : mère Yoko veille jalousement sur les archives pour mieux embaumer l’image du Beatle. Alliage de documents et d’interviews puisés au fond des souvenirs, « Imagine John Lennon » (qui manque singulièrement d’imagination !) semble vouloir rétablir une certaine vérité. Cynthia (sa première femme) et leur fils Julian témoignent furtivement entre deux chansons, Yoko prône les valeurs de son cher disparu, tandis que quelques rares extraits inédits se battent en duel. Le résultat final se résumé en un amas frustrant, longuet et décousu, d’images élogieuses et superficielles. Le personnage pacifiste, excentrique et intello qu’on espérait retrouver, est absent de ce film qui s’active pourtant à l’immortaliser ! Seul le vague portrait d’un chanteur de rock hippy subsiste. On le regrette…

Les chiens de pailleLes chiens de paille

Petit prof de maths timide engoncé dans ses principes, David quitte les turpitudes des grandes villes pour la sérénité des Cornouailles. Sa pulpeuse épouse attise rapidement les ardeurs des prolos du coin, qui, haineux et médisants, déversent peu à peu leur agressivité sur le pauvre couple. Un viol sordide sera le premier acte d’une dégénérescence vers l’hystérie bestiale et gratuite. Contraint de protéger sa propre existence, David basculerai dans la violence comme ses tortionnaires… Chef-d’œuvre de barbarie et d’amoralité, «Les chiens de paille» captive par sa progression oppressantes vers l’incontrôlable, à savoir la folie des autres. Peckinpah se délecte à décortiquer les impulsions et (‘instinct d’autodéfense de ses victimes au sein d’un univers pesant qui les poussera à inhiber leur bon sens. Hoffman se surpasse en intello persécuté. Un monument dramatique, indispensable à toute vidéothèque.

Tootsie

TootsieMichael Dorsey est un comédien dans l’âme. Depuis des années, il rame comme un fou pour obtenir un petit rôle dans des pièces de théâtre à Broadway. Constamment refoulé des castings, il décide un jour de se travestir pour passer une séance d’essai d’un feuilleton populaire. Et ô surprise !, il est engagé dans le rôle d’une femme révoltée, toujours à l’affût .du moindre soupçon de machisme proféré à son encontre. Tootsie devient très vite un phénomène de société. Toutes les femmes s’identifient à elle… Le voilà obligé de résister aux avances de ses collègues comédiens et de contrôler ses pulsions masculines envers une charmante camarade de plateau. Un enfer ! Du sur mesure pour Dustin Hoffman. «Tootsie » permet à l’interprète du «Lauréat» et de «Kramer contre Kramer» de prouver une nouvelle fois son talent d’acteur tout-terrain. Bien avant sa composition époustouflante de «Rain man»; il réussit le tour de force d’incarner, dans le même film, deux rôles de front. Le comique de situation provoqué par Sydney Pollack ne tombe jamais dans la vulgarité. Jessica Lange, la protégée de « King Kong» dans le remake de John Guillermin et l’héroïne de «Frances», met son charme fou au service d’un scénario original, qui sort des sentiers battus. Un excellent divertissement.

Le triporteur

Le triporteurDans la collection Comédie de la sélection des Fiches de Monsieur Cinéma, voici l’un des films qui, en 1957, firent de Darry le Bafouilleur une superstar nationale. On a du mal à imaginer ça aujourd’hui songez que cette même année, il ne tourna pas moins de quinze films ! S’il n’y fait souvent qu’une apparition époustouflante, il est la vedette complète du «Triporteur», qui fut un énorme succès et qu’on n’a guère revu depuis. On est même tout étonné de découvrir qu’il est en couleur ! Adulé par les gosses de son village, Antoine, ardent supporter d’une équipe de football, livre sur son triporteur les gâteaux d’un pâtissier. Il rencontre au bord de l’eau une brune baigneuse (Béatrice Altariba, dont la nudité aperçue était à l’époque un des clous du film), puis une bande de jeunes plus ou moins sympas, dont le meneur n’est autre que le juvénile Jean-Claude Brialy (avant même les films de Chabrol I). Le tout est un festival Darry Cowl ininterrompu semant la perturbation dans une noce où menant frénétiquement le bal pour arracher sa belle au godelureau Brialy, il est véritablement unique ! En début de cassette, un court métrage inédit de Gilles Maillard, «Go crazy», où un pêcheur à la ligne affronte un industriel du poisson — pittoresque métaphore du combat de l’artisanat contre la technologie !