Le petit monde de don Camillo

Le petit monde de don CamilloDans le petit village italien de Bassa, d’âpres rivalités de clocher secouent la douce quiétude de la population. Le maire, Peppone, est un rouge qui vient de triompher aux élections. Coup dur pour Don Camillo, le sympathique curé de choc qui passe beaucoup de temps à s’entretenir avec Notre Seigneur. Toute la ville est divisée en deux camps. Mais dans les cas graves, les deux hommes peuvent se prouver une estime réciproque. Voilà le premier et le meilleur volet d’une série qui, d’emblée, sut trouver son public. Basé essentiellement sur le comique de situation, ce film vaut surtout par la saveur des joutes oratoires qui opposent Fernandel et Gino Cervi. Tous deux sont d’ailleurs, d’un bout à l’autre, excellents, dirigés de main de maître par un Duvivier en superforme, qui faisait là une incursion remarquée dans le registre comique. Un délicieux divertissement à revoir sans hésiter.

La folle histoire de l’espace

La folle histoire de l'espaceLa princesse Ves15a, fille du roi de la planète Druidia, s’enfuit au milieu de la cérémonie, qui devait l’unir à un prince triste et endormi. Son vaisseau spatial est pris en chasse par Dark Helmet, l’âme damnée du président Skroob. Ce dernier. règne sur la planète Spaceballs, menacée d’asphyxie. Skroob compte s’emparer de l’air pur de Druidia et prend Vespa en otage. Mais un aventurier, Lone Starr, accompagné de son fidèle Mawg, mi-homme, mi-chien, la sauve des griffes des méchants. Le titre original veut à peu près dire «les valseuses de l’espace» et situe bien les ambitions de Mel Brooks : faire rire à tout prix. Brooks est un clown et revendique son droit au mauvais goût, ce qui est d’ailleurs fort sympathique. Il se refuse à paraître autre chose qu’un amuseur, dans la longue lignée des burlesques américains. Sa parodie de «La guerre des étoiles» est parfois drôle, du fait justement de cet enthousiasme d’un vieux gamin de plus de soixante ans. Mais elle est souvent indigeste pour cause de débilité.

L'homme qui voulut être roi

L'homme qui voulut être roiCarrière inégale, en dents de scie, que celle de John Huston, cinéaste qui fit alterner les projets les plus ambitieux et les tâches de commande les plus commerciales… Par chance, ce film-ci appartient à la première catégorie. C’est l’adaptation spectaculaire d’un roman de Rudyard Kipling, qui fait revivre l’époque mythique de l’armée des Indes. Huston a trouvé chez Kipling une thématique qui lui convient parfaitement, une méditation toujours actuelle sur la folie de l’or et du pouvoir. Car c’est la cupidité, d’abord qui pousse deux anciens officiers anglais (Sean Connery et Michael Gaine) sur la route du mirifique Kafiristan, Eldorado au pied de l’Himalaya, où ils comptent bien faire fortune… En chemin, une bataille entre deux tribus rivales permet à l’un des compères (Sean Connery) de passer pour un dieu vivant aux yeux des indigènes : il a reçu une flèche en pleine poitrine et il n’en est pas mort(en réalité, la méchante flèche s’est plantée dans sa cartouchière, ah ! ah !). Conduit à la ville sainte du Kafiristan, il est proclamé roi sans autre forme de procès… Et à partir de ce moment, il va commencer à y croire ! C’est un peu le thème final de «Apocalypse now», mais un siècle plut tôt. Sujet fascinant, qui est le centre d’un film plein d’action et de rebondissements, une magnifique aventure au sein de paysages grandioses.

Boire et déboires

Boire et déboiresAnalyste dans une importante société financière, Walter doit absolument se rendre à un dîner très important organisé par son patron. Obligé d’arriver avec une «escorte» féminine, il invite Nadia Gates, une jeune femme qu’il ne connaît pas mais qui lui est vivement recommandée par son frère. Celui-ci l’informe que Nadia est extrêmement sensible à l’alcool au point de perdre toute retenue au premier verre absorbé. Ébloui par le charme et la personnalité de sa compagne d’un soir, Walter lui offre une coupe de champagne et, par la même occasion, la voit se transformer en redoutable furie qui va bouleverser sa soirée et sa vie. Plus proche de l’esprit de «Un sacré bordel» que de «That’s lite», le film de Blake Edwards opte pour un humour volontiers «rentre-de-dans» et pas toujours très léger. Nous sommes ici au para-dis des tartes à la crème qui volent et des autos qui se télescopent deux fois plutôt qu’une. Ce comique à répétition n’est pas toujours du meilleur effet, mais Bruce Willis (héros du feuilleton TV «Clair de lune») et, surtout, Kim Basinger (mystérieusement teinte en brune) sauvent les dégâts et l’honneur.