Itinéraire d'un enfant gâté

Sam Lion a toujours vécu sous le feu des projecteurs. Abandonné à la naissance, il est confié à une troupe de saltimbanques qui le propulse dès sa plus tendre enfance dans le milieu du cirque. Il évolue tel un funambule dans une ambiance survoltée, déchirée entre drames et passions. Adulte, sa vie ressemble à une course automobile. Ses amours, comme ses ambitions, vont à 200 à l’heure.Itinéraire d'un enfant gâté La vie l’entraîne plus tard dans un tourbillon infernal. A cinquante ans, le temps a passé trop vite. Il éprouve pour la première fois le besoin de se ressourcer, de faire le bilan de son existence, de son itinéraire plutôt verni. Aujourd’hui à la tête d’une entreprise de nettoyage industriel, sa personnalité est connue et reconnue par les médias. Il est père de deux enfants et PDG modèle. Un beau jour, il disparaît… Acteurs, musique, cinémascope. Les trois atouts maîtres de Lelouch sont réunis pour vous faire rêver, pour vous faire partager l’histoire d’un homme pas comme les autres, un homme accompli, humble et trop fier pour ne pas passer dans l’ombre. Cet antihéros est magistralement interprété par un Jean-Paul Belmondo qui renoue là avec la tradition des personnages ambitieux, à la mesure de son talent. Richard Anconina, dans la lignée de «Tchao pantin» de Claude Berri, tient, lui, le rôle d’un débutant étouffé et totalement impressionné par le charisme d’un vieux lion, usé par le temps et les souvenirs. La vérité qui se dégage de leur relation est étonnante. Leur duo ne l’est pas moins. Belmondo use de son charme pour passer instantanément du rire aux larmes. Anconina explose de sensibilité. Lelouch a posé un regard indiscret sur la relation entre « ses » deux hommes et leur a laissé carte blanche. Le résultat est magnifique grâce à un scénario original. Son empreinte plane dans les mouvements de caméras traditionnelles et les flashes-back un peu confus. Ajoutez à cela la douceur de Marie-Sophie L., et la musique fait le reste. «Itinéraire d’un enfant gâté» est tri passeport pour le rêve. La fin du film fait un clin d’œil à la vidéos, on ne s’en plaindra pas_ Et s’il ne fallait retenir qu’un des atouts de cette production de choix, c’est qu’elle permet à Belmondo de reconquérir le cœur des cinéphiles.

Mathilda parle de son rôle

Outre le sublime script de Schrader, une des nombreuses raisons qui m’ont poussée à participer à cette aventure est la nature même de «Naked tango».Naked tango2 Ce film dépeint une histoire d’amour tragique et éternelle avec toutes les contradictions inhérentes à une vraie romance, comme le plaise et la douleur notamment. Mon rôle recèle une palette de toutes sortes de sentiments courants (la peur, la tristesse, la gaieté ou même une certaine rage) mêlés à des circonstances qui sont tout sauf courantes. AIba, mon personnage, souffre beaucoup Elle a la possibilité de vivre un amour paisible et confortable quand elle s’aperçoit tout à coup qu’elle se sent beaucoup plus vivante. en aimant vraiment, passionnément et, par conséquent, on en souffrant autant. Elle choisit cette issue en connaissance de cause et ce qui lui arrive ensuite est à la fois beau et effrayant. L’essence même de l’intrigue explique qu’il y ait des scènes qui m’ont émotionnellement plus coûté que d’autres. Des à scènes de crise de larmes, par exemple. Et là, pas question de tricher et de faire semblant parce que la caméra qui nous filme voit et restitue absolument tout ce que l’on pense. Il faut alors vider ses tripes, se dépasser et ne surtout pas avoir peur d’aller jusqu’au bout du rouleau, quitte à en .souffrir physiquement: Ainsi, le fait de devoir pleurer, ne. serait-ce que pendant dix minutes, vous vide de- toute substance avec un puissant mal de tête en prime. Imaginez alors le résultat .de journées ‘où il m’a fallu pleurer pendant heures’ non-stop ! Certaines scènes de comédie sont parfois difficiles à jouer également. Je vous …citerai l’exemple. .de la première Scène de «Naked tango». La fille que l’incarne y appareil comme quelqu’un d’insolent, qui n’a peur de rien et n’en fait qu’à sa tête. Le fait que cette séquence soit la première où j’apparais et, qu’en plus, elle soit située au tout début du film m’a beaucoup effrayée à la lecture du scénario. J’étais terrifiée à l’idée qu’il fallait, en deux mi mites, installer d’emblée le personnage. Mais, finalement, tant s’est très bien passé lors du tournage… «Naked tango» symbolise, a mes yeux, le bon ‘côté du cinéma américain c’est un film dur, violent et sans concessions, .écrit et réalisé par le scénariste de .plusieurs excellents longs métrages. Leonard Schrader a une vision très particulière et personnelle du cinéma il a été très .influencé par le cinéma japonais et les films de Mizoguchi, ainsi que par l’œuvre de Pabst («Lu lu», «Journal ‘d’une fille perdue»). Je suis persuadée qu’à l’arrivée, son film ne ressemblera à rien de ce ,qu’on a pu voir auparavant.