Roxanne

Steve MartinVoilà un beau « véhicule » pour Steve Martin, comique exubérant et un rien exagérant, vu dans « Les cadavres ne portent pas de costard », « L’homme aux deux cerveaux » ou « Solo pour deux ». Sur « Roxanne », Steve Martin est scénariste, producteur exécutif et interprète principal du film. Il rêve de Cyrano de Bergerac depuis l’âge de douze ans. Et là, il a adapté le grand mythe, l’a passé à la moulinette et régénéré (n’en déplaise aux inconditionnels d’Edmond Rostand… qui a tout de même écrit là, le mélodrame le plus pompier qui soit !) C.D. est chef des sapeurs-pompiers dans une petite station de ski américaine. Homme affable, spirituel, intelligent, il attire les regards féminins et les… sourires, à cause d’un nez particulièrement long. Non loin de là, véritable sirène de beauté (pas étonnant, c’est Daryl Hannah, la vedette aquatique de « Splash ! »), une jeune beauté attend de tomber amoureuse. Bien que très épris de la demoiselle, C.D. va lui jeter dans les bras un fort sémillant jeune homme, athlétique et viril, mais affligé pour son malheur d’une timidité confinant à la niaiserie. « Roxanne «est d’abord un prétexte à gags et à situations comiques, permettant à Steve Martin de revisiter à sa manière la tirade du nez ou la scène du balcon. Mais le film réussit à être attachant, émouvant, souriant et original.., bien que nous soyons en terrain très connu. Une vidéo rafraîchissante.

Blanc de chine

Blanc de chine Qu’est-il arrivé à Denys Grenier-Deferre. Ses deux précédents films (« Que les gros salaires lèvent le doigt » et « Réveillon chez Bob .») montraient un discutable goût pour l’outrance mais avaient trouvé leur ton, leur style et leur originalité. Adapté d’un roman d’Yves Stravides, « Blanc de Chine «avait un sujet ambitieux : une guerre des clans, se déroulant du Vietnam en 1975, à Hong-Kong et Paris de nos jours. Au centre de cet inextricable jeu de morts, il y a une jeune et jolie Eurasienne. Un paisible traducteur de poèmes chinois mène l’enquête. Très vite, Denys Granier-Deferre se perd dans les circonvolutions de dialogues, de récits et de mouvements de caméra inutiles. On a même l’impression qu’il laisse la bride sur le cou à ses acteurs. Qui en rajoutent et ponctuent (surtout Piccoli) chaque fin de phrase d’un grognement ou d’un geste d’exaspération aussi surprenant qu’incontrôlé. Et lorsque arrive la révélation finale, avec son jeu de roulette russe (rebaptisée chinoise pour la circonstance), c’est le franc fou rire. Un splendide ratage…