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0 Après la guerre

Fabienne to Lectures  

Légèreté enfantine et tragique méprise : parce que Julien et Antoine (huit et douze ans) ont cru voir arriver les Alliés, ce matin de juin 1944, alors qu’il s’agit d’une unité de la Wehrmacht en déroute, la jolie fête improvisée se transforme en débandade et le maire du village, mitraillé, s’écroule avec les feuillets de son discours… Soupçonnés de malveillance, les gosses vont être punis. Pour échapper à la maison de correction, une seule solution : la fuite. Antoine est très malin, il se déguise en fille pour ne pas être reconnu. Julien fait quelques bêtises qu’il devra réparer. Les deux garçons cheminent vers Lyon, pour y retrouver leur mère. L’équipée commence bien, mais voilà qu’ils rencontrent un soldat ennemi», un déserteur en fait, mi-Alsacien mi-Allemand — un rôle en or pour Bohringer ! Immobilisé par une sciatique, le guerrier malgré lui a besoin des gamins qui vont le traîner chez une rebouteuse. Il guérira. Et puis il est adulte, et armé. On prévoit la suite les enfants, qui n’ont pas de père, vont .transférer sur lui le besoin qu’ils éprouvent d’en avoir un. Dans le cadre de cette période floue de la Libération, entre le débarquement et la victoire, cela constitue la trame du deuxième film de Jean-Loup Hubert, l’homme du «Grand chemin» : c’est émouvant, bien construit et bien joué.

Mac et moiMac et moi

Il y a un côté très «E.T.» dans «Mac et moi». Par accident, une famille extra-terrestre se retrouve embarquée sur une sonde spatiale américaine qui revient sur terre. Le plus petit de ces «aliens» trouve refuge auprès d’un petit garçon (paralytique) qui l’aide à échapper à la police et au FBI… Mais, qu’importent les ressemblances, puisque la tendresse et la naïveté de cette comédie d’aventures fantastiques font merveille. Et le spectacle de cette famille d’extra-terrestres paumée sur notre planète hostile est très savoureuse parfois (la famille E.T. débarquant dans le supermarché), très tragique souvent (la même famille sous-cotant les réactions violentes des vigiles et de la police). Le petit Mac (le « E.T. » de ce film) a de grands yeux expressifs et tristes comme un personnage échappé d’un dessin animé mélo japonais. Mais il a, comme sa famille, une peau digne du plus atteint des «pela-deux». il est étonnant que l’être venu d’ailleurs ne puisse jamais, au cinéma, être beau et même séduisant dans sa différence ! «Mac et moi» est un parfait divertissement. Il ravira les jeunes cinéphiles.

0 Miss Mona

Fabienne to Lectures  

Miss MonaMiss Mona est un travesti solitaire, réfugié dans sa cinquantaine bien sonnée. Le trottoir le rejette et le monde de la nuit n’est plus à ses pieds. Conséquence, le mal de vivre est sa rançon quotidienne. Son rêve de jeunesse était de se faire aimer par des hommes, son plus cher désir est aujourd’hui de mourir en femme, de tenter «l’opération»… Consternant. Le réalisateur du très bon «Thé au harem d’Archimède» ne fait pas dans la dentelle. Son film est sordide et insupportable. La sensation de malaise inhérente est parfaitement restituée par une composition étonnante de Jean Carmet. Son personnage ne sombre jamais dans le théâtre de boulevard. Il est pitoyable et affligeant. Dommage que la réalisation ne soit pas à la hauteur. Le scénario oscille-entre fiction et documentaire, sans jamais véritablement se situer. On ne retrouve. pas l’image-choc version Depardon, ni la mise en scène de Chéreau d’ans «L’homme blessé». Les amateurs du genre jugeront par eux-mêmes…

La vouivre

Comme on vient de le voir dans « La vie et rien d’autre », il fallut plusieurs années, après la guerre de 14-18, pour identifier les disparus. Plusieurs mois après l’armistice, un jeune paysan, Arsène (Lambert Wilson) rentre ainsi au village alors que tous le croyaient mort. Il trouve la petite communauté bien agitée : la plupart des hommes valides manquent à l’appel, il ne reste que les femmes, les enfants, les vieux. Parmi eux, le fossoyeur, alias Requiem (Jean Carmet, égal à lui-même), affirme à qui veut l’entendre qu’il a vu une femme nue surgir de l’étang. On l’appelle la Vouivre, cette apparition légendaire, créature immortelle et sensuelle. Le village est en émoi, le curé veut mettre le holà. Arsène, blessé à la tête, se met à confondre rêve et réalité : pour lui, la Vouivre devient une femme de chair et d’os. Non pas une déesse menaçante, avec les serpents qui l’escortent, image qu’on Idi donne parce qu’elle est rejetée de tous, mais une amie sincère, une amoureuse pleine de tendresse, de bon sens et même d’humour. Avec elle, Arsène va vivre des moments inoubliables, incompris de la petite communauté recluse dans ses préjugés. D’un joli romand désuet de Marcel Aymé, Georges Wilson a tiré un joli film désuet, sympathique comme une affaire de famille.

0 Chimère

Fabienne to Lectures  

Ce film fut le grand mal aimé du dernier Festival de Cannes. Chahuté pendant les projections de compétition officielle, sa sortie en salle en a souffert et fut un échec commercial. La vidéo permet donc de revoir le film loin des passions et, peut-être, de lui découvrir enfin ses vraies qualités. Le sujet du film de Claire Devers (qui reçut la caméra d’or pour son «Noir et Blanc» en 1986) est beau : une jeune femme est enceinte et décide de garder l’enfant contre vents et marées… Elle panique. L’homme avec qui elle vit l’abandonne, elle perturbe sa propre famille et déclenche le drame. Le film cerne bien le couple en crise et pose avec justesse le problème de la responsabilité par rapport à l’enfant qui va naître. Mais il pèche sérieusement par son scénario. L’intrigue piétine dans l’anodin et les dialogues n’évitent pas toujours le ridicule, à force de se vouloir quotidiens. Béatrice Dalle ne joue pas, elle est… elle existe sur l’écran. Comme son partenaire Wadeck Stanczack, elle joue «nature»… Il faut donc éviter de lui mettre en bouche des phrases «clichés» ! Le plus beau personnage du film est celui de la petite fille (interprétée par Julie Bataille que l’on reverra bientôt dans «La Baule-les-Pins» de Diane Kurys). Prise au piège de ce couple qui se déchire, elle est la blessure et l’âme du film. Pour elle, il faut voir « Chimère ».

Distant thunder

Le film de Rick Rosenthal s’inspire de faits réels : des hommes, vétérans du Vietnam incapables de se réintégrer à la vie civile, vivent encore en plein nature sauvage, à l’écart de toute civilisation. Au-delà de ce point de départ authentique, tout le reste de «Distant thunder, l’enfer après l’enfer» est fiction, mais la grande qualité du film est de capter, avec un maximum de justesse, le désarroi de ce père de famille, ex-soldat du Vietnam qui s’est réfugié pendant Seize ans au-près de ces camarades de combat aussi paumés que lui et qui a décidé de retrouver la société et d’affronter le regard de son fils qu’il n’a pas vu depuis sa naissance. Distant thunder«Distant thupder» raconte cette rencontre, ce difficile apprivoisement d’un fils qui ne comprend pas et d’un père qui ne peut oublier. John Lithgow et Ralph Macchio sont parfaits de sensibilité. Ils donnent une âme à ce film qui passe quelquefois à côté de l’essentiel (la dimension humaine) pour céder au spectaculaire violent et gratuit. Un nouveau témoignage sur le traumatisme d’une génération d’Américains.

0 La main droite du diable

Fabienne to Lectures  

Costa-Gavras nous a habitués aux sujets courageux «L’aveu» ou encore «Hanna K.». Dans «La main droite du Diable», le cinéaste franco-grec s’offre le confort d’une production hollywoodienne pour stigmatiser un des plus vieux démons du monde : le racisme. La main droite du diableUn agent du FBI (c’est Debra Winger) s’infiltre dans l’univers des fermiers du Middle West pour découvrir une organisation néo-fasciste et paramilitaire qui chasse les Noirs comme du gibier. La force du film tient au personnage de Tom Berenger, qui apparaît d’abord comme un sympathique veuf, paisible père de famille. Il séduit complètement Debra Winger et le spectateur, avant d’être démasqué comme un véritable monstre capable de commettre les plus horribles attentats. L’idée est simple mais efficace. Dommage que Costa-Gavras se croit obligé de construire autour un polar politique aussi manichéen et sans subtilité. On aurait aimé, de la part de ce cinéaste étranger, un regard beaucoup plus en demi-teinte et proche des réalités. Debra Winger et Tom Berenger sont parfaits. Mais «La main gauche du Diable» n’est ni «Colère en Louisiane» ni, surtout, «Mississippi burning».

Jésus de Montréal

Jésus de MontréalLe réalisateur canadien du «Déclin de l’empire américain» nous offre ici un film «fourre-tout» très séduisant, mêlant allègrement humour et drame, spectacle du Chemin de Croix et don d’organes, peinture du monde contemporain et jeu culturel… Un jeune comédien entraîne, dans une série de représentations de la «Passion du Christ» (jouées autour de la basilique du Mont Royal, qui surplombe Montréal), quelques comédiens locaux qui cachetonnent et une belle étrangère, fille un peu paumée, mannequin quittant une glorieuse carrière de femme-objet pour s’épanouir en tant que comédienne. Le groupe se prend au jeu et monte un psychodrame religieux qui pose les vraies questions et refuse les images toutes faites. Les réactions des autorités ecclésiastiques ne se font pas attendre. Pourtant, ce psy-show est superbement beau à voir et puissant en émotions… Arcand parle de la charité bafouée, de la foi, de lui-même. Son film manque un peu d’unité, mais sent fort bon la générosité. Lothaire Bluteau est étonnant en acteur inspiré par son interprétation du Christ. Et Catherine Wilkening n’a jamais mieux été utilisée dans un rôle qui l’éloigne enfin des hystériques sexuelles.

Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machinesAu temps héroïque des pionniers de l’aviation, une course internationale Londres-Paris est organisée par le propriétaire du journal le Daily Post pour les besoins de sa publicité. Sa fille (Sarah Miles) suit de près la préparation de l’événement, en particulier l’entraînement des pilotes, et tombe amoureuse du concurrent américain abandonnant pour lui l’impassible aviateur anglais. Toutes les nationalités, avec leurs souriants stéréotypes sont représentées dans cet énorme succès du cinéma britannique qui conjugue le soin minutieux de la reconstitution historique et le rythme dynamique d’une entraînante comédie à grand spectacle. Une chatoyante épopée humoristique, où l’on retrouve avec plaisir des comédiens aussi divers que l’Américain Stuart Whitman, le Français Jean-Pierre Cassel, l’Allemand Sert Proche, l’Italien Alberto Sordi, et chez les Anglais, Robert Morley, James Fox, Terry-Thomas, Flora Robson, et même un grassouillet fantaisiste promis au plus brillant avenir télévisuel Benny Hill himself !

Sextette

SextetteMae West, c’était quelque chose ! Du temps de sa jeunesse, la star scandaleuse avait l’œil coquin, la lèvre aguicheuse et les formes rebondies. Ce n’est pas pour rien que les aviateurs, pendant la guerre, baptisèrent leur gilet de sauvetage, accroché autour du coup comme une brassière, un… Mac West ! Plus elle avançait en âge, plus Mae West ajoutait de postiches, de maquillage, d’armature de soutien-gorge à son apparence. Dans «Sextette», elle est plus pulpeuse et volcanique que jamais… et même un peu «travelo». Mais quel abattage ! Le film est construit autour d’elle. Passant de la jeune mariée à la Mata Hari, Mae West arpente « Sextette » comme on descend le grand escalier des Folies Bergères… entourée de beaux mâles. Du futur James Bond (Timothy Dalton) à un des chevaliers servants d’Elizabeth Taylor (George Hamilton). Sans parler d’autres vieilles gloires comme Tony Curtis, Walter Pidgeon et George Raft. Et de rock star comme Alice Cooper ou Keith Moon. Complètement kitsch, absolument délirant. «Sextette» est une incongruité de génie et un formidable écrin-testament pour la star Mac West !

J'ai épousé une extra-terrestreEssayez d’imaginer Kim Basinger, chargée de vamper un homme de science génial et, au moment crucial… ne sachant pas comment s’y prendre. Extravagant, non ? L’explication est ici que Kim est une créature venue d’ailleurs, une extra-terrestre qui ne connaît pas encore son corps humain. bref une «alien» ignorante des choses du sexe. C’est difficile à admettre en ce qui concerne la star en question, mais justement, tout est là : dans le contraste entre le sex-appeal dévastateur de la blonde Kim et l’ingénuité totale du personnage qu’elle incarne. Heureusement, elle garde dans son sac à main une liaison intergalactique permanente qui lui permet d’obtenir à haute dose les informations dont elle a besoin. Elle va donc rattraper le temps perdu et conquérir Steve, alias Dan Aykroyd, le fantaisiste si bien connu, ce savant farfelu qui a provoqué par hasard un gigantesque court-circuit cosmique, d’où l’inquiétude des lointains patrons de la belle visiteuse. On ira, évidemment, de surprise en surprise et de coup de théâtre en gag explosif, le tout tournant autour de la véritable nature cachée de notre extra-terrestre de charme, dont la présence incongrue sur notre planète va faire quelques étincelles… Et tout cela n’est-il pas dans la tradition de la grande comédie américaine éternelle ?

Moitié-moitié

Moitié-moitié«Moitié-moitié» n’est pas le résultat du partage d’un gâteau, mais d’une maison, héritage que se voient attribuer Arthur et Sarah. Élevés ensemble par leur «grand-mère» Helena, ils ont vécu toute leur enfance dans cette maison qui croule sous le temps et les souvenirs… Mais voilà, Helena n’était qu’une mère spirituelle pour Arthur, ex-enfant de l’assistance publique. Et comme il n’a, par définition, aucun lien familial avec la disparue, il va devoir payer de lourds droits de succession… et il est au chômage. De son côté. Sarah, jeune architecte, projette de démolir la maison pour construire une propriété moderne sur le terrain. Elle se propose donc de racheter la part d’Arthur. Mais il refuse… On ne peut pas dire que Paul Boujenah aura eu le mérite de donner à son frère Michel un bon rôle au cinéma, dans une carrière où seul «Trois hommes et un couffin» arrive à émerger de la médiocrité de ses autres films. Après «Voyage à Paimpol», «Lévy et Goliath» et le très mauvais «Prunelle blues», le voilà embarqué avec Zabou dans un film grotesque qui accumule lourdeurs et caricatures. Paul Boujenah met en scène le conflit entre deux éternels adolescents qui voient la vie et leur avenir différemment. Mais au lieu de nous offrir une comédie fine et amusante, on assiste à un film indigeste qui aurait peut-être séduit quelques gogos il y a quinze ans, mais qui ne fit que trois entrées ou presque lors de sa sortie en salle… Question de maturité sans doute. pour un public devenu plus exigeant.

0 Cocktail

Fabienne to Lectures  

On sent que «Cocktail» se veut un festival Tom Croise… Sourire sexy et carnassier, regard facétieux, silhouette harmonieusement musclée. Cruise continue son ascension en flèche, après «Riskybusiness», «Top gun» ou «La couleur de l’argent» et avant «Rain man». Le jeune héros de «Cocktail» est persuadé que le monde n’attend que lui. Toujours un manuel sur l’art de réussir dans la poche, mais sans diplôme, il part à la conquête de Wall Street et se retrouve petit barman ! C’est là qu’intervient le comédien australien Bryan Brown, la vedette de «F/X» ou le partenaire de Sigourney Weaver dans «Gorilles dans la brume». Brown compose un personnage de vieux barman roublard et cynique qui prend Cruise sous son aie protectrice et lui apprend l’art de préparer les cocktails les plus exotiques, la manière de blaguer et de mettre dans sa poche le client, le talent de faire craquer les jolies consommatrices. Doug et Brian ont une manière unique de jongler avec les bouteilles, de chanter et danser en servant leurs boissons. Leur bar devient vite un must à New York. Jusque-là le film est très tonique, et ne manque pas de charme. Mais, hélas, les deux copains se fâchent et Cruise part de son côté, jouer les romantiques et les sentimentaux, amoureux transi d’une pauvre cette fille riche. Et là, le film s’enlise interminablement. Dommage !

Punchline

New York city. Un café-théâtre nommé «Gas Station» (la station service) sert de banc d’essai aux comiques, bons ou mauvais, ringards invétérés ou espoirs, pratiquant cette spécialité américaine bien connue depuis Lenny Bruce le monologue, émaillé de gags et de répliques qui tuent (la «punchline», où tout le monde est sensé éclater de rire). Lilah une mère de famille rigolote qui rêve depuis toujours de monter sur les planches (Sally Field), va tenter sa chance sur cette scène difficile malgré les récriminations de sa famille. Hélas ! Ses gags ne font rire personne. Au contraire, le jeune Steven Gold, Tom Hanks) est aussi brillant que névrosé. Il réussira à coup sûr. Fascinée, Lilah lui demande de l’aider, ce qu’il refusé d’abord obstinément. Mas elle l’apprivoise, se met à l’école du jeune prodige qui la traite avec rudesse, et du coup elle progresse. Vient le jour d’un concours dont le gagnant aura les honneurs de la télévision… Le cinéma américain adore les coulisses du show-biz, on le sait. «Punchline» est intéressant par son côté documentaire sur le milieu des «diseurs de monologues». Seul ennui pour nous ils ne sont jamais très drôles, ni les «mauvais» ni les supposés «géniaux». D’où un manque de crédibilité qui a, sans doute, nui au film en France. Reste la performance, très honorable, de Sally Field et l’abattage de Tom Hanks.

0 Le retour de la rivière kwai

Fabienne to Lectures  

Le retour de la rivière kwaiIl y a eu «Le pont de la rivière Kwaï», roman de Pierre Boulle dont David Lean fit un film à grand spectacle en 1957. Voici «Le retour de la rivière Kwaï», adapté d’un roman de Joan et Clay Blair Jr par le vieux routier du film d’action, Andrew V.McLaglen. D’ailleurs, «Les oies sauvages» et «Le commando secret de sa Majesté», réalisés par lui, sont de la même veine que ce film-ci. L’action du «Retour de la rivière Kwaï »commence au moment même où se terminait le film de David Lean. Le pont vient de sauter. Le Japonais (haineux), responsable du camp de prisonniers décide des représailles. Heureusement, un Nippon moins méchant arrive avec l’ordre de transporter par train tous les prisonniers jusqu’à Saïgon où un bateau les emmènera vers le Japon. «Le pont de la rivière Kwaï» devient alors «La grande évasion». Tous les moyens sont mis en œuvre pour arracher les valeureux soldats alliés des griffes des vilains Asiates… Décidément, les épopées guerrières made in Hollywood gardent toujours la même tendance au manichéisme et au racisme anti-Jaunes. Réalisé avec un petit budget mais avec un net savoir-faire, ce film d’aventures guerrières semble incroyablement vieillot. Mais les nostalgiques du «Ah, Dieu, que la guerre est jolie !» y trouveront sans doute quelque plaisir…

Act of piracy

Act of piracyAvec «L’horrible invasion» et « ses araignées tueuses », John Bud Cardos avait prouvé qu’il est un sacré cinéaste d’action. Son thriller «Act of piracy» laisse les mains moites et le cœur palpitant, même si, au milieu du film, l’intérêt se relâche un peu. Il faut dire que John Bud Cardos joue sur du velours. Un commando de terroristes prend possession d’un yacht en pleine mer, élimine l’équipage et les passagers sauf … deux enfants qu’il garde en otages. Les parents vont chercher une piste, puis passer à l’action. Cela nous offrira quelques scènes de fusillades et de courses-poursuites d’une rare violence. « Act of piracy » commence et se termine par deux feux d’artifices la capture du bateau initial et le règlement de comptes final. Du cinéma — extrêmement roublard et efficace — qui secoue, mais ne fatigue pas les méninges. Avis aux amateurs.

0 Entre onze heures et minuit

Fabienne to Lectures  

Entre onze heures et minuitAssocié aux Fiches de Monsieur Cinéma, Virgin propose une nouvelle collection de classiques dont il faut souligner l’élégante présentation (très classe, la maquette !) enrichie de nombreux éléments d’informations, tant sur la jaquette qu’à l’intérieur du boîtier, où se trouve un fac-similé de la fiche consacrée au film. Plus de temps gaspillé en recherches pour retrouver le générique. En outre, chaque cassette commence par un court métrage récent inédit, ici le très amusant «VO» de Christophe Delmas, avec Jean-Pierre Kalfon. Quant au film d’Henri Decoin, quel petit joyau ! Non seulement il y a la présence de Jouvet, à mi-chemin entre «Copie conforme» et «Quai des Orfèvres», dans le rôle d’un flic qui enquête sur le meurtre d’un gangster qui était, ô surprise, son parfait sosie. Mais aussi les dialogues de Jeanson, percutants, et la mise en scène d’Henri Decoin, qu’il faut absolument redécouvrir. Elle est constamment inventive, rythmée, fluide, bourrée de trouvailles dans les cadrages et dans le montage évitant les clichés et les caricatures, avec une noirceur qui rappelle Clouzot, mais sans sa cruauté parfois morbide. Un excellent polar où on ne s’ennuie pas une seconde.

Crocodile dundee 2

Il est de retour et c’est Paul Hogan lui-même qui a écrit le scénario. Crocodile Dundee est heureux à New York comme un caïman dans l’eau. Il partage désormais la vie de la jeune et jolie journaliste Sue. Mais Sue est enlevée par un gros trafiquant de drogue, parce qu’elle détient des documents compromettants pour lui. Il n’en faut pas plus à Crocodile Dundee, qui s’attaque aux truands réfugiés dans le bush australien…Crocodile dundee 2 Tout a été dit dans le premier film qui était plus orienté vers la comédie satirique. Le premier contact de l’homme des contrées sauvages avec la civilisation et la jungle des villes permettait une fable très actuelle et assez drôle. Là, on peut remplacer Paul Hogan par Eddie Murphy ou Charles Bronson, rien ne change. On est dans un thriller musclé et sans surprise. Restent quelques rares gags (Crocodile Dundee pêchant à l’explosif dans le port de New York) et des scènes d’action rondement filmées.

0 Inferno

Fabienne to Lectures  

Locataire d’une maison glauque et baroque à New York, Rose est attirée par un étrange livre, «Les trois mères». Génitrices de malheurs et de destruction, ces diablesses infernales semblent habiter sa demeure. Une succession d’événements insolites et horribles s’abat bientôt sur Rose et son entourage. Sauvagement poignardée, elle ne laisse derrière elle qu’une lettre confuse expédiée à son frère, Mark. Il tentera de percer ce mystère qui l’entraînera dans les méandres de l’enfer… Meurtres pour le moins inventifs (la fenêtre guillotineuse est particulièrement gratinée !), tension machiavélique, énigme oppressante subtilement teintée de gore Argento a su contourner l’hémoglobine gratuite et s’affirme ici comme le grand maestro du polar fantastique. L’atmosphère trouble et sulfureuse qui plane autour d’un suspense latent, nous annonce une finalité angoissante parce qu’irrémédiable. Un petit chef-d’œuvre de l’épouvante dans la lignée de «Ténèbres» et de «Suspiria».

Hair

1967. La guerre du Vietnam fait rage. Claude est un jeune appelé du contingent américain. Avant d’intégrer sa caserne, il profite pour la première fois des joies de New York. Il entre prend de visiter les grands monuments et les endroits typiques. Son premier contact avec la cité s’effectue à Central Park, où il lie connaissance avec un groupe de hippies et tombe amoureux d’une cavalière de bonne famille. Mais il n’est qu’à deux jours du départ à l’armée et ne voit pas comment il pourra avouer son coup de foudre à la belle… Milos Forman réalise ici son premier film musical, cinq ans avant son chef-d’œuvre, «Amadeus». Adapté de la pièce de Gérôme Ragni, sa plongée dans la période Woodstock années 70 est particulièrement réussie. Les chorégraphies sont bien réglées et les acteurs convaincants. La musique a, en revanche, plutôt mal vieilli. Le film restera dans les mémoires grâce à certains passages anthologiques comme celui où la troupe débarque en pleine réception de famille bourgeoise. A (re)voir…